L’histoire a commencé avec Triste à St Tropez, en 1969.
Je n’y avais pas vu à l’époque (j’avais que onze ans) cet hommage aux années 60 finissantes et surtout cette compréhension des tristes valeurs (argent, cupidité, amour impossible) qui allaient se dessiner dans les années 70, puis s’imposer dans les années 80.
C’est là tout le génie de Chris, d’offrir des lectures multiples. Non, à l’époque, j’y voyais juste un air qui restait dans ma tête, une brochette de belles filles dans son scopitone (qu’enfin j’ai pu retrouver dans le DVD qui vient d’être réédité ! Merci aux éditeurs de ce Dvd pour ce bonus).
C’était pour moi un éveil au sens, à la femme. Mais à l’époque, je ne découvrais Chris qu’à travers mes parents. Je n’avais pas encore l’autonomie que j’acquis quelques années plus tard.
Ce n’est qu’au milieu des années 70 que j’ai pris mon indépendance : Chris y a incarné, au moment de mon adolescence, l’esprit de liberté, d’engagement, de séduction, qui m’a servi de bouée pour sortir de cet âge ingrat.

L’esprit de liberté à travers ses monuments de musique pop, comme Jolie Poupée pouvait l’incarner au mieux.
L’esprit de séduction à travers ses collaborations avec Angie, sa choriste (quel adolescent n’a pas fantasmé sur Angie ? Avec Joëlle d’Il était une fois, elle était ma préférée).
Quel dommage qu’ils n’aient pas continué leur collaboration !
Et surtout ne prêtez pas attention aux rumeurs qui prétendraient qu’Angie aurait saboté la carrière de Chris et que c’est elle qui serait à l’origine de la disparition du chanteur belge (pour une histoire de déception amoureuse) : leurs routes ont divergé, c’est aussi simple que cela !
La chanson Rue des souvenirs a permis à combien de couples de naître ?
Osez avouer que vous même, vous n’avez pas dansé un slow sur cette chanson ! (enfin, si vous êtes de ma génération). Osez avouer que vous n’avez pas imité l’autostoppeur pour reprendre les chorégraphies de Chris ?
Puis, et surtout !, Chris a représenté pour moi un esprit d’engagement. A travers ses engagements politiques, pacifistes, mais aussi à travers sa non compromission. La fin des années 70, de 76 à 78, a pour moi eu comme lanterne l’engagement de Chris.
Et c’est dire à quel point il nous manque aujourd’hui. J’imaginerai Chris aux côtés de José Bové, arrachant des OGM, Chris à Porto Allegre, Chris de tous les combats qu’il faut encore mener aujourd’hui.
Mais, en son absence, ses chansons continuent à nous éclairer et à nous montrer la voie !